En France, pendant très longtemps on ne parlait pas de "reformer", de "cadillac"... mais de "la machine" dont seuls les initiés comprenaient le sens. Longtemps, cette technique est restée en France confidentielle, cantonnée dans le milieu de la danse contemporaine ; dans les années 1960 ceux qui avaient expérimenté, parlaient entre eux de la "machine". A la fin de la formation, souvent individuelle, l'usage voulait que chacun, s'il voulait continuer ou enseigner à son tour, se construise sa machine.
A l'origine, dans les conditions carcérales et hospitalières de ses débuts, Pilates travailla avec les outils et le matériel qu'il avait sous la main, c'est-à-dire un lit avec des ressorts, une chaise, pour inventer une méthode d'éducation physique aussi simple qu'efficace avec des outils originaux propres à sa méthode. La contrology est le nom qu'il donne à sa méthode à ses débuts, elle se compose d'exercices précis visant à améliorer la force et la souplesse. Elle apporte au corps un équilibre naturel.
Améliorés, "civilisés" ces outils restent fondamentalement les mêmes, le principal s'appelle le "Reformer" qui permet de faire travailler :
- la respiration
- les appuis, l'endurance
- l'alignement et la posture du corps
- la circulation
- l'articulation de la colonne vertébrale
- l'extension et la détente de la musculature globale
- le renforcement des muscles profonds qui soutiennent le squelette
- le travail, en profondeur, des abdominaux, des fessiers
- l'étirement du dos
- l'ouverture et la mobilité des épaules ...
Les outils inventés et mis au point par Pilates permettent un travail qui mobilise tout le corps en permanence et non seulement une partie. Ce n'est pas la machine qui va conduire le travail mais par la résistance graduée qu'elle produit, à l'aide de ressorts, elle permet au corps de se structurer, de progresser, en alliant à la fois, la respiration, le mouvement et la "symbolisation" du mouvement. Pilates affirme en permanence qu'un mouvement visualisé acquiert une efficacité beaucoup plus importante. Dans cette optique l'essentiel est la justesse du mouvement, la qualité plutôt que sa répétition.
La particularité des machines Pilates est qu'elles sont équipées de ressorts et non de poids, donc le corps travaille en résistance et non en force, ce qui réduit les risques de blessures tant au niveau des muscles que des articulations.
Le corps est toujours mobilisé dans des situations de sécurité avec des exercices variés et gradués en fonction des possibilités de chaque personne. La majorité des exercices est faite en position horizontale ou assise évitant des efforts excessifs dangereux pour la colonne vertébrale ou les articulations.
Au-delà de son aspect technique d'outil, la machine intervient, également, comme une médiation. Médiation entre celui qui montre et celui qui fait, mais aussi médiation par rapport à soi-même, par rapport à l'image souvent erronée que nous avons de nous-mêmes de nos possibilités. Elle permet de retrouver des sensations nouvelles, de sentir des zones ou parties du corps jusqu'alors "inexistantes", de les nommer ...