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"Seule voie permettant de parvenir à une forme véritable" (J. Pilates).   


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Exercice issu de la méthode pilates. À l'atelier pilates de Toulouse vous travaillez les exercices au sol et sur la machine de Pilates.
Le Corps en pratique
Pilates et Psychanalyse
Pilates et Psychanalyse (2)

L’histoire de ce travail, c’est d’abord une rencontre, entre des praticiens qui soignent des fous et des danseurs. Autour de Claude DAVID, psychanalyste, une équipe de jeunes soignants s’interroge sur la manière de traiter la psychose, le rapport au corps, à l’autre, à l’espace…

Cette question nous fait rencontrer les Ballets Modernes de Paris, fondés par Dominique et Françoise DUPUY, avec eux nous découvrons Pilates et sa « machine ». A cette époque, en France, vers 1975, très peu de personnes connaissent cette technique.

Très rapidement, du fait du lieu, de l’origine, le travail s’est orienté vers une pratique originale centrée sur un travail global à la fois « corporel-psychique » qui permet, en fonction de chaque personne d’allier soit une remise en forme ou de traiter des affections ou traumatismes spécifiques comme :

mais aussi :

Un travail commencé il y a trente ans auprès de personnes atteintes de poliomyélite infantile m’a convaincu d’une chose, toute personne peut bouger, peut se réapproprier son corps en fonction de son état. J’ai eu la surprise, ainsi que les patients que je faisais travailler, de voir les muscles des jambes se reconstituer, les muscles du dos, les abdominaux retrouver de leur tonus et petit à petit se substituer aux attelles qui au départ enfermaient toute la jambe dans un carcan. La paralysie motrice des membres inférieurs, due au virus, pouvait être combattue. A notre étonnement, ainsi qu’à celui du médecin, nous avons vu les muscles des jambes se reconstituer et se développer comme des bourrelets entre les courroies qui maintenaient l’appareillage du pied au genou.

Qu’avions nous fait ? Simplement le pari que le mouvement était possible, sans arrière-pensée, et sans idée préconçue, en laissant de côté ce que préconisait la médecine : immobiliser, soutenir, remplacer. Il est évident que tout l’appareillage orthopédique n’a pas disparu, et ne pouvait pas être supprimé totalement, mais il avait très nettement diminué et venait à sa juste place : pallier les insuffisances réelles du corps et non plus faire à sa place. Le sujet se réappropriait ce corps souffrant qui était devenu étranger pour lui.

Pour les Occidentaux le bon fonctionnement du corps doit être le calme absolu. Un adage médical ancien, ne dit-t-il pas : « la santé c’est le silence des organes » ? Au fur et à mesure de l’avancée du travail, le corps se re-dispose autrement, se manifeste différemment. Il s’agit d’un travail intérieur, personnel, en fonction de soi-même, de ses possibilités en dehors de toute notion de comparaison, de compétitivité. Le principe essentiel, est de se mettre en mouvement. Non pas « bouger » son corps, mais « se mettre en mouvement », c’est-à-dire avec tout son être, toute sa personne, avec son histoire qui s’est inscrite inconsciemment dans ce corps que nous habitons si mal.

Quand nous avons une blessure, une douleur, souvent le réflexe issu du discours médical, reste de ne pas bouger, voire d’immobiliser le membre ou la partie du corps en question. Rien n’est moins évident à l’expérience. Accepter de bouger avec son manque, son handicap ne va pas le faire disparaître d’un coup de baguette magique mais va permettre de se l’approprier comme étant sien, comme faisant partie de notre vie ; ce n’est plus seulement une gêne qu’il faut faire disparaître, ou parfois un « bénéfice » qui conditionne notre vie et notre mode de relation aux autres. Les deux s’entremêlent souvent, puisque d’un handicap nous pouvons tirer, inconsciemment, un « bénéfice ».

Voilà le sens de ce travail, non se faire un corps comme les canons à la mode le préconisent, mais découvrir le sien, ses limites et donc ses possibilités. En l’acceptant, en s'accueillant dans cette enveloppe limitée qui participe du manque constitutif de l’être humain, c’est le rapport à soi-même, aux autres, à l’espace qui change.